Concessione
Buttate pure via
ogni opera in versi o in prosa.
Nessuno è mai riuscito a dire
cos’è, nella sua essenza, una rosa.
Giorgio Caproni
da ‘Res amissa’ Garzanti, 1991 (opera postuma)
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Le poète a toujours
au cœur d’immenses murs
couverts de signes
quand les villes partout
voient crouler leur amour
sous toi dispensateur
de déserts. Il verra
s’effacer tous les signes
Tu ne veux à ces murs
que la légère odeur
du vide et la douleur
qui sépare à jamais
être néant et signe.
*
Dentro sé il poeta ha sempre
muri immensi
coperti di segni
mentre le città dovunque
vedono crollare il loro amore
sotto il tuo potere dispensatore
di deserti. Vedrà
cancellarsi ogni segno
Tu non vuoi di questi muri
che il leggero odore
del vuoto e il dolore
che separa per sempre
essere nulla e segno.
(tr. di Alfredo Riponi e Rita R. Florit)
*
Queste mura interiori del poeta, coperte di segni che poi si cancellano, perché “Tu” (Dio?) vuole solo conservare di queste mura l’odore del vuoto, “l’odore dell’argine negli occhi”…, c’è questo iato tra essere, nulla e segno, odore del vuoto, dolore della separazione tra segno e senso. Ci sono i riferimenti biblici al crollo delle mura di Gerico e Gerusalemme, questa visione apocalittica da “fine del mondo”. Il crollo delle mura delle città è quello del culto che viene loro reso. Della “Nuova Gerusalemme” descritta nell’Apocalisse è detto che “le sue porte non verranno mai chiuse; resteranno aperte tutto il giorno, e non ci sarà mai notte”. Il poeta si rivolge a Dio e il suo è un dio biblico, più ebraico che cristiano, un dispensatore di deserti che ricorda l’Adonai, signore degli eserciti, un dio guerriero che schiaccia i suoi nemici e distrugge le città, metafora anche della Guerra che è stata un fantasma potente per Jouve, questa poesia è del ’47, gli echi della guerra non sono del tutto spenti ….
(a.r - r.r.f.)
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Ce qui caractérisait sa chambre, c’était d’une part l’extrême décence des propos qui s’y tenaient, l’allure parfaitement morale des rencontres qui y avaient lieu; et d’autre part, l’absence complète de retenue sociale que l’ont sentait dans ces consciences extrémement libérées d’hommes et de femmes qui se rencontraient là. B. était heureux comme un automobiliste descendant une descente douce en soutenant sur son moteur une voiture qui n’aurait pas de freins. Il y avait là des êtres qui s’aimaient, qui se l’étaient dit, qui ne s’accordaient cependant aucun témoignage d’amour, peut-être parce qu’ils comprenaient un peu plus qu’ils ne sentaient ou que le rêve les contentât, ou qu’il fit divinement beau dans leur paroles.
Da un lato, la sua camera si distingueva per l’estrema decenza dei discorsi che si facevano, per lo stile compiutamente morale degli incontri che avvenivano lì; e dall’altro, per la totale assenza di ritegno sociale nelle coscienze liberissime di uomini e donne che lì si incontravano. B. era felice come un automobilista che fa una discesa dolce, e salva con il motore una macchina senza freni. Là c’erano esseri che si amavano, e se l’erano detto, ma non si concedevano nessuna testimonianza d’amore, forse perché capivano più di quanto sentissero, oppure il sogno li appagava, oppure era divinamente bello nelle loro parole.
Or, de tout ce qu’il y avait en eux de plus singulier, le plus évident était le cynisme. On sentait que si une de ces femmes avait un jour accumulé assez de raisons pour se donner, elle l’aurait fait ouvertement, peut-être d’une façon publique. Mais le fait est que cela n’arrivait pas; et cette retenue était toute le fait de B., qui semblait ne régner sur la vie de ce milieu que pour y différer tout ce qui avait l’apparence d’une solution. Un mari qui se voyait obligé de confier sa femme à ces camarades la voyait revenir rêveuse, hantée, mais intacte. C’était l’extraordinaire calme de l’abîme et du danger, un endroit vertigineux où tout était possible et où rien n’arrivait ; sans doute le lieu spirituel où s’élaborait une nouvelle notion de l’homme, une nouvelle idée de l’amour.
Tra le loro singolarità spiccava il cinismo. Si sentiva che se una di quelle donne avesse accumulato, un giorno, ragioni sufficienti per darsi, l’avrebbe fatto apertamente, forse in modo pubblico. Ma sta di fatto che non accadeva; e questo ritegno era una proprietà di B., come se regnasse sulla vita del suo ambiente per differire qualsiasi apparenza di soluzione. Un marito che si vedeva obbligato a concedere la moglie a quei compagni la vedeva tornare sognante, posseduta, ma intatta. Era la mirabile calma dell’abisso e del pericolo, un posto vertiginoso dove tutto era possibile, e non accadeva niente: davvero il luogo spirituale che elaborava una nuova nozione dell’uomo, una nuova idea dell’amore.
Le plus curieux est que, dans le voisinage de cet enclos de fraîcheur, la conscience publique pourrissait. C’est incroyable de voir de quelle lèpre se couvrait l’âme de ceux qui jetaient un œil sur cette chambre. La conscience noircissait devant des libertés dont elle ne sentait que les possibilités. Autour de cette eau claire, il y avait toutes les infirmités morales qui étaient poussées par un désir de guérison, toutes celles que ce foyer achevait d’épanouir.
La cosa più strana è questa: tra i vicini del recinto di freschezza, la coscienza pubblica marciva. Era incredibile tanta lebbra sull’anima di chi adocchiava la camera. La coscienza anneriva davanti alle libertà, che sentiva solo come possibilità. Intorno all’acqua chiara c’erano tutte le infermità morali, le spingeva un desiderio di guarigione, tutte quelle che il nostro focolare faceva fiorire.
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l
Joë Bousquet da MYSTIQUE (opera postuma, Gallimard 1973), pp. 58-59
trad. Massimo Sannelli
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Lichtenstein 1968.
Introduction à un récital :
Il m’est difficile de m’exprimer en langage visuel. Il pourrait y avoir dans l’idée même de création-créaction-quelque chose, quelque chose qui échappe à la description passive telle quelle, telle qu’elle découle nécessairement d’un langage conceptuel. Dans ce langage, qui sert à désigner des objets, le mot n’a qu’un sens, ou deux, et il garde la sonorité prisonnière. Qu’on brise la forme où il s’est englué et de nouvelles relations apparaissent : la sonorité s’exalte, des secrets endormis surgissent, celui qui écoute est introduit dans un monde de vibrations qui suppose une participation physique, simultanée, à l’adhésion mentale. Libérer le souffle et chaque mot devient un signal. Je me rattache vraisemblablement à une tradition poétique, tradition vague et de toute façon illégitime. Mais le terme même de poésie me semble faussé. Je préfère peut-être : “ontophonie”. Celui qui ouvre le mot ouvre la matière et le mot n’est qu’un support matériel d’une quête qui a la transmutation du réel pour fin. Plus que de me situer par rapport à une tradition ou à une révolution, je m’applique à dévoiler une résonnance d’être, inadmissible. La poésie est un “silensophone”, le poème, un lieu d’opération, le mot y est soumis à une série de mutations sonores, chacune de ses facettes libère la multiplicité des sens dont elles sont chargées. Je parcours aujourd’hui une étendue où le vacarme et le silence s’entrechoquent – centre choc –, où le poème prend la forme de l’onde qui l’a mis en marche. Mieux, le poème s’éclipse devant ses conséquences. En d’autres termes : je m’oralise.
http://www.jose-corti.fr/auteursfrancais/luca.html
1° marzo, h.20.oo presentazione di
TRE RACCONTI NOIRS di Elizabeth Frolet
con Carla Boccherini, Rita R. Florit, Enrico Frattaroli
‘Lavori in corso frane letterarie’ -piazza san martino ai monti 7a- roma
Je nagerai vers toi
A travers l’espace profond
Sans frontière
Acide comme un bouton de rose
Je te trouverai homme sans frein
Maigre englouti dans l’ordure
Saint de la dernière heure
Et tu feras de moi ton lit et ton pain
Ta Jérusalem
*
Nuoterò verso te
Attraverso lo spazio profondo
Sconfinato
Acida come un bocciolo di rosa
Ti troverò uomo senza freno
Magro sommerso dal fango
Santo dell’ultima ora
E tu farai di me il tuo letto e il tuo pane
La tua Gerusalemme
**
L’odeur de la justice
L’odeur de la patience surhumaine
Des bêtes rayées derrière les barreaux
De la chance
L’odeur de la peur
L’odeur des excréments qu’on étendre sur les tombeaux
Des pauvres gens
La ménagerie de la police
La cruauté des enfants
Et cette odeur complexe qu’est la liberté
Mélange d’ammoniaque
De mélasse
Et de transpiration
*
L’odore della giustizia
L’odore della pazienza sovrumana
Delle bestie striate dietro le sbarre
Della fortuna
L’odore della paura
L’odore degli escrementi che si sparge sulle tombe
Della povera gente
Il serraglio della polizia
La crudeltà dei bambini
E l’odore complesso della libertà
Miscuglio d’ammoniaca
Di melassa
E di sudore
Joyce Mansour, Rapaces
trad. Rita R. Florit
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